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Un tête-à-tête avec le designer de l’année Frederik Delbart

Rencontre avec celui qui vient d'être élu Designer of the Year à la biennale Interieur de Courtrai

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Un tête-à-tête avec le designer de l’année Frederik Delbart ©

Ça va fort pour Frederik Delbart, fraîchement élu Designer of the Year à la biennale Interieur de Courtrai. Âgé d’à peine trente ans, il peut déjà ajouter quelques créations et collaborations prestigieuses à son palmarès. Ou comment un jeune de la campagne amoureux des voitures est devenu un touche-à-tout du design: portrait exclusif.

Bien qu’il ait un emploi du temps très chargé, Frederik Delbart a prévu un moment dans son agenda pour parler avec nous de sa passion: créer de la beauté qui nous transporte dans une autre dimension.

Comment en êtes-vous venu au design?

Enfant, j’étais fasciné par les aspects formels des voitures, je pouvais les reconnaître à certains détails comme les phares et la grille. Ensuite, j’ai commencé à remplir mes cahiers d’école de croquis. Bien qu’on m’ait seriné que ce passe-temps ne déboucherait jamais sur un « vrai » travail, j’ai décidé d’aller étudier le design industriel à La Cambre à Bruxelles.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre vision des choses?

Chez moi, la création débute toujours par la décomposition des structures, des fonctions, des formes et des matériaux. Ce qui me permet de voir ce qui peut être amélioré ou fait différemment. Mes projets ne se rattachent pas vraiment à un style spécifique, je me bats pour rester en dehors des fameuses petites cases. À mes yeux, une création est toujours unique. Je veux continuer à innover, à apprendre et à m’entourer de personnes inspirantes. Cultiver ma curiosité et ma capacité d’étonnement jusqu’au bout.

Quelle est l’importance de votre environnement pour vos créations?

J’adore me trouver dans un environnement où ça bouge beaucoup. Probablement que dans un an ou deux, je chercherai un endroit plus calme, mais en ce moment, je veux être influencé par l’énergie d’une métropole et pouvoir me fondre dans la masse. Je suis un oiseau de nuit et je travaille souvent lorsque tout le monde dort, ce qui est impossible avec des horaires de bureau. Anvers est mon port d’attache actuel, et il arrive que je m’y sente à l’étroit.

Êtes-vous un rêveur ou un réaliste?

J’ai la chance de pouvoir être les deux dans mon travail. Au moment de formaliser un concept, je suis un rêveur, et au moment de le concrétiser, je me plie à la réalité. Il faut peaufiner les détails, analyser les techniques et affiner toujours plus le tout.

Avez-vous un modèle dans le domaine du design?

Lors de ma formation, je me suis vraiment immergé dans tout ce qui avait trait au design. J’admire les grands maîtres comme Dieter Rams, qui a été la figure de proue de Braun. Un visionnaire dont l’idéologie a été reprise entre autres par Apple. J’ai aussi beaucoup de respect pour le travail de Castiglioni et de Prouvé.

Quand jugez-vous qu’une création est bonne?

Je ne suis pas rapidement satisfait. Sans compter qu’un projet évolue: l’idée peut paraître parfaite un jour, puis devoir être retravaillée le lendemain. Tout n’est pas possible dans le design, mais j’adore explorer les limites. Faire un pas en avant, pour ensuite en faire un en arrière. Il arrive qu’un client soit satisfait du résultat, mais pas moi, dans ce cas-là, j’essaie tout de même de persévérer. Je le sens quand une chose est au point. Car j’en tombe alors amoureux.

Vous avez été élu designer de l’année: comment vous sentez-vous?

Je ne m’y attendais pas, mais je trouve que c’est un honneur de recevoir ce titre. Je suis aussi le plus jeune designer à le porter. Mais j’ai énormément travaillé l’année dernière et cette confirmation me pousse simplement dans la bonne direction.

Où vous voyez-vous à l’avenir?

J’aimerais hisser les marques auxquelles je me lie au niveau supérieur, les rendre plus fortes grâce à mes créations. Je n’aime pas me cantonner à un seul domaine. À mes yeux, the bigger picture revêt une grande importance: j’ai conçu une poignée de porte pour Quincalux, puis avec cette forme universelle, j’ai enchaîné sur le design d’un interrupteur pour Lithoss. Outre des meubles, j’aimerais aussi créer des objets usuels comme des assiettes ou des couverts, par exemple.

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Article rédigé par : Mandy Kourkouliotis